Et la mascarade continue…. encore quatre d’échappés !

Et puis, au moment même où je rédigeais la page sur les explosifs liquides, une courte info apparaissait vendredi dernier, qui pouvait être en liaison avec les événements dont je vous parlais. L’affaire remonte au 10 septembre donc : une explosion avait eu lieu dans les toilettes d’un hôtel de Copenhague, proche d’une station de métro. Etrange événement, la dépêche évoquant assez vite l’arrestation de l’auteur juste après seulement. Vérification faite, effectivement, quatre jours après elle se précisait. Et bingo, c’était bien ça : la formulation bizarre de l’événement nous avait bien aiguillé “l’homme avait cherché à se faire exploser” et “il avait été blessé” . .On était donc bien en face d’une tentative ratée d’attentat, à Copenhague… certainement destiné à s’attaquer au journal auteur des caricatures de Mahomet : on sait que ce genre de choses à tendance exciter les illuminés, et il semble bien qu’effectivement on soit tombé sur ce genre de phénomène, qui a dû lire sur internet tout ce qu’il était possible de lire sur la question. L’homme est un boxeur de 24 ans ayant une particularité surprenante : il marchait grâce à une prothèse… mais on n’était pas au bout des surprises le concernant.
En fait, la police n’avait eu aucun mal à l’arrêter : il gisait dans le parc adjacent de l’hôtel, blessé par son explosion. Le fait qu’il s’y soit réfugié, alors que ce parc possède un lac adjacent, a conduit la police à sonder tout l’endroit, à la recherche des éléments de bombe supplémentaire qu’il aurait pu emporter : or, visiblement, il n’aurait pas été en état de le faire. Il semblait davantage atteint par l’effet de souffle qu’autre chose, complètement sonné plutôt que profondément blessé : ramené au commissariat, il montrait en effet un visage entaillé par de petits débris, l’œil droit plus atteint, celui du récipient de sa bombe, sans nul doute. Les policiers danois remarquaient aussi son nez cassé : l’homme, c’est sûr était un boxeur, ou avait fait de la boxe. Deuxième élément troublant : boxeur, mais unijambiste. Sa jambe droite, sous le genou était artificielle ! Tout de suite, on était bien sur un cas à part ! Un terroriste à la jambe de bois, faisant de la boxe, et qui rate lamentablement son coup : voilà qui n’est pas sans rappeler les joueurs de paintball anglais de l’épisode précédent, jambe artificielle à part ! Et il est vrai que l’on était tombé sur un cas à part…

L’enquête avancera très rapidement. Contrairement à ce qui sera dit, l’homme a bien des éléments d’identification sur lui : il parle le français impeccablement mais se prétend tchétchène, et possède sur lui un faux passeport volé il y a plus de sept ans et un ticket de bus pour un aller-retour pour Bruxelles. Un avis de recherche est lancé en Belgique, relayé par les autorités et la brigade antiterrotiste, et pour aller plus vite les polices belge et danoise prend le poseur de bombes en photo, trois clichés de sa tête envoyés sur le net. A peine parus, ils déclenchent des coups de téléphone : le patron d”un club de boxe du Boxing Club Cocktail de Droixhe l’a reconnu et confirme son nom : Lors Doukaiev, 24 ans et quatre années de présence intermittente au club, avec des combats dont certains remportés malgré son handicap. Norbert Nelles, le directeur de l’institut St Luc reconnaît en lui un étudiant en architecture qui a fait un bref passage chez lui, pas assez intelligent ou pas assez assidu semble-t-il pour suivre plus loin que deux ans les cours de l’école. Il affirme que durant son bref passage il avait profité d’un voyage éducatif pour se rendre à Copenhague, voyage où il était le seul à posséder sur lui ce jour là une carte des lieux. Les policiers danois ont vite découvert que le passeport était faux : il était au nom d’un belge au patronyme fort peu répandu : Jean Louis de Vicq de Cumpitche, qui se l’était fait voler en 2003, avec celui de sa femme et de son fils. On retrouve très vite des clichés de caméras de surveillance, ou l’homme d’1,69 m affiche une barbichette, une casquette poujade et de grosses lunettes noires. Un déguisement un peu trop voyant semble-t-il. Mais les réactions éparses des deux polices danoise et belge montrent qu’elles ne le pistaient pas. Les services secrets, en revanche… devaient être sur le coup, et surtout en train de surveiller son habitat. Des services secrets qui surveillent par nature même Liège, disons ; car cette ville a toujours été un repère de facisants, qui ont à plusieurs reprises tenté d’y ouvrir soit des “bibliothèques”, soit des “librairies” pour y répandre leur propagande.

Très vite aussi, on apprend sa terrible histoire. Il y a douze ans, alors qu’il n’était encore qu’un gamin, il habitait en Tchétchénie, et comme tous les gamins passait son temps sur un terrain en forme d’aire de jeux. Un jour, les troupes russes arrivent : effrayé, il a juste le temps de se sauver car manifestement ils tirent sur tout ce qui bouge. Le lendemain, les troupes parties, il se rend à nouveau sur son terrain de jeux favori. Mal lui en prend : les russes l’ont truffé de mines. Il avance le pied droit sur l’une d’entre elles, et se retrouve à l’hôpital, amputé juste sous le genou. Il n’a que douze ans et son enfance est brisée. Avec sa mère médecin il vient s’installer en Belgique en 2002 (il a don déjà 16 ans) et s’y fait naturaliser. Il y fait ses études et acquiert un français parfait. Mais sa vie est brisée. Pour se défouler, il s’inscrit à 20 ans à un club de boxe. Sa rage contenue s’y exprime avec une certaine fougue, comme le montre une des vidéos de ses combats. Dans son club, où il se montre réservé mais très affable, il fait l’unanimité, mais il ny ’est pas régulièrement présent. Il “voyage” dit-on souvent, en Allemagne et en Tchétchénie, surtout.

Son directeur de St-Luc et ses amis étudiants parlent de lui comme quelqu’un de “très religieux”. Ce n’est pas l’avis de son propre beau frère… Shepa Bersanov, qui déclare sans ambages devant les micros que “ça ne me surprend pas, mon beau frère est malade, mentalement”, ce qui lui vaut bien sur à la clé une procédure de divorce, déjà engagée précisent les journaux. La religiosité de Lors Doukaiev semble en tout cas récente, datant de deux années seulement. Et ne semble pas pour autant très assurée : incarcéré, il réclame aux policiers danois un Coran, mais aussi une Bible. Il se déclare aussi “végétarien” et leur demande en plus… des livres sur la religion juive…

Dans ses affaires, on retrouve aussi un plan. Celui des bureaux du Jyllands-Posten a Viby, dans la ville d’Aarhus. Le journal qui avait mis en pages le 30 septembre 2005 les caricatures du prophète, si décriées. Or si Jyllands-Posten a son siège à Aarhus, ses bureaux sont bien à Copenhague. Or, l’actualité avait pu aussi avoir une infuence sur l’individu, qui, visiblement en voulait au journal. Ce n’est pas difficile à imaginer. Car le 18 mai 2010, un documentaire terrible avait révélé les crimes des militaires danois en Afghanistan. Un film de Janus Metz montré à Cannes en compétition dans la Semaine de la critique. Or c’est justement le Jyllands-Posten qui en avait fait état le premier en évoquant l’exécution” de talibans blessés lors d’un accrochage survenu le 25 juin 2009, ce qui constituerait une violation du droit de la guerre”. L’extrait visible était en effet terrible : l’opération Armadillo avait bien été une belle bavure. Le 20 mai, le documentaire recevait le prix de la critique : mais dans l’esprit d’un islamiste extrêmiste, la publication de cette énième bavure n’aurait-elle pas eu l’effet inverse de celui espéré ? Les militaires danois, dans ce documentaire étaient bien montrés méprisants et méprisables !

Un Danemark aux prises à un extrémisme musulman qui s’exprimait il n’y a pas si longtemps encore sur une télévision dédiée aux Kurdes. Le 31 août en effet, le ministre danois de la justice, Lars Barfoed avait été contraint de fermer Roj-TV un canal de télévision islamiste émettant au Danemark pour promotion de la haine raciale et apologie du terrorisme selon le paragraphe 114 de la loi-antiterroriste du pays. Des photos accablantes montraient les responsables en compagnie de troupes du PKK/Konga Gel. La télévision avait été l’objet d’un enjeu important, politiquement parlant. Lors de la nomination du danois Fogh Rasmussen à la tête de l’Otan, la turquie avait voté “pour” à une seule condition ; que les émissions de propagande pour le PKK de Roj-TV soient arrêtées. Encore un ressentiment de plus pour la cause des islamistes tendance extrêmes. Mesopotamia Broadcast A/S METV, deuxième canal du même type, avait fait les frais de la même interdiction. Le 13 septembre, c’était l’annonce en plus du trafic de drogue organisé par les soldats anglais en Afghanistan : trois jours après l’explosion. Les jours qui précédaient, c’était le pasteur fou de Floride Terry Jones ou bien la montée en épingle organisée par cette folle furieuse de Pamela Geller au nom de l’histoire invraisemblable de la mosquée du WTC, située rappelons-le à l’éxtérieur du site proprement dit. Notre homme, sans doute déboussolé par cette suite d’annonces successives, se refermant de plus en plus sur un islamisme ostentatoire en 2008 et en 2009 a-t-il soudain, comme l’on dit “pété les plombs”. On peut concevoir qu’à ce stade la cocotte minute ait explosé, et que notre jusqu’ici doux agneau (boxeur !) se soit décidé à faire un acte d’éclat. Avec une méthode toute droit sortie d’internet : celle de la vague de 2005 de Londres, avec les bombes à la farine ou au Soda. Son objectif, la station de métro ou le siège du journal qui avait dû déjà s’équiper de protections depuis la parution des images déclarées “impies”.

Comme méthode il n’invente donc rien et mieux, est allé au Danemark pour cette raison également, très certainement, car le 5 septembre 2006, la police danoise avait arrêté neuf suspects à Vollsmose près d’ Odense en train de préparer ce genre de bombes. L’un des comploteurs, une fois encore était un infiltré du Politiets Efterretningstjeneste (le PET, les services secrets danois). On retombe encore une fois sur le même schéma que celui vu en Angleterre ! Parmi les neuf arrêtés figuraient deux frères Irakiens, un Kurde, cinq ressortissants arabes et un seul danois converti à l’islam. Ne cherchez pas plus loin qui était ce converti : c’était l’envoyé des policiers du lot. Leur bombe n’était pas similaire à celle des anglais : bien plus classique, elle utilisait du nitrate d’ammonium, le TATP ne servant que de déclencheur. Pour améliorer l’engin, il avait été farci de pointes de fer. Lors du procès, il s’avéra que le PET avait poussé les terroristes à maintenir leur projet, malgré le fait qu’ils commençaient à en douter eux-mêmes. L’homme avait un autre CV très étonnant : c’était un fonctionnaire qui avait eu maille à partir avec des immigrés et avait demandé à son service de ne plus travailler avec eux : l’histoire ne précise pas ses convictions, qui auraient en ce cas très bien pu être sinon islamophobes, du moins d’extrême droite. Lors du procès, il avait été montré que la méthode de fabrication de la bombe avait été téléchargée de l’Internet. Bref, un schéma bien classique, dirons nous… même l’élément majeur qui nous intéresse : le TATP. Le problème avait été vite expédié par les autorités et la police : la bombe saisie était de tellement mauvaise qualité et son TATP tellement instable qu’elle avait dû être détruite sur place… Au final, trois des neuf conjurés avaient été condamnés à 11 et 4 ans de prison. En appel, ils avaient hérité de 4 années supplémentaires. Tous avaient cité comme seul motif à leur action les dessins du Jyllands-Posten : c’était bien des motivations d’ordre religieux.

Chez notre unijambiste, en tout cas, le verdict était immédiat sur la nature de son explosif : ” des traces de TATP, du péroyde d’acétone ont été trouvées sur lui. Il s’agit d’un explosif liquide incolore mais instable, souvent employé dans des attentats. Il était porteur de papiers d’identité belges avec un faux nom. Interrogé, il a refusé de parler. On n’a trouvé aucun signalement lui correspondant dans les fichiers des services de renseignement occidentaux. Porteur d’une prothèse à la jambe, il avait effacé le numéro de série de la prothèse,” nous affirmait la presse dès le lendemain de sa découverte. On est bien dans la répétition d”un schéma connu largement répandu sur le net, et donc aussi peut-être bien d’une initiative personnelle et isolée, sans réseau derrière : une action due au “dérangement” intellectuel de l’individu, confirmé par son propre beau frère.

Un individu que les nouvelles de Tchetchénie n’ont pas dû non plus rassurer ces derniers mois. En février 2009, une vidéo horrible fait le tour du net : celle de la décapitation d’un tchétchène, Shamil Odamanov, reconnu sur la vidéo par son frère (!), une exécution réalisée non pas par des islamistes mais par des membres de “Socialisme National-Pouvoir Blanc”, un groupe nazi russe qui revendiquait l’assassinat. Derrière les deux tchétchènes terrorisés (le second étant abattu d’une balle dans la nuque), les fêlés avaient tendu un drapeau nazi. En titre, “l’arrestation et l’exécution de deux colonisateurs du Daghestan et de Tadjikistan par le Parti national-socialiste de Russie”. Le lendemain, la Rossiskaya Gazeta explique que cette vidéo est un fake. Les avis demeurent partagés : en fait, la vidéo refaisait surface depuis aout 2007 où elle avait déjà été postée (et était donc déjà connue). Le retour de la vidéo, comme son arrivée en 2007 est analysée par Oleg Panfilov, à la tête du Center for Journalism in Extreme Situations comme ayant pu être fabriquée par les les services secrets russes, qui auraient posté la vidéo sur l’Internet. “Un certain nombre d’analystes politiques disent que la vidéo aurait pu été faite par des néo-nazis, mais utilisée par les services secrets pour justifier une législation antiéxtrémiste difficile à faire admettre et qui doit entre en vigueur dans quelques jours”, note Radio Free Europe (elle-même œuvre de propagande américaine !). Chez notre boxeur sur une jambe, tout cela donne comme commentaire le fait qu’à chaque fois qu’il se rendait dans son pays d’origine, il se rasait la barbe, de peur d’être pris pour islamiste ! Le 17 septembre, en prime, on apprenait l’arrestation en Pologne du leader tchétchène Akhmed Zakaïev, qui avait pourtant pris ses dernières années ses distances avec les islamistes.

Le 17 septembre toujours, la police danoise tient une conférence de presse. Et annonce ce qui s’est produit en fait : Doukaev visait à envoyer une lettre piégée à l’explosif TATP dans une enveloppe bourrée de petites billes en acier au journal Jyllands-Posten. La bombe découverte était de faible technicité et la police ne s’ attend pas à trouver d’autres bombes comme celle qui a explosé à l’Hôtel Jorgensen. Selon elle, la bombe préparée, fort artisanale,”aurait pu “blesser et non tuer ceux qui l’auraient ouverte”, Pour la réaliser, il avait acheté sur place une boîte en plastique pour envoyer des CDs par la poste, et un rouleau de scotch, le tout toujours filmé par les caméras de surveillance des magasins danois. Son emploi du temps est désormais connu. Bref, un amateurisme patent et un acte isolé.

Or, à cette histoire de bombe ayant pour cible Copenhague vient s’en greffer subrepticement une autre tout aussi tordue, sinon bien davantage : rappelez-vous, c’est celle de notre informateur de la CIA condamné à vie pour les événements de Mumbaï. Car là, ça devient doublement intéressant ! David Headley, décrit par mes soins ainsi : “Passés maîtres en la matière de déguiser ses mauvais coups en actions à saluer, la CIA va dégotter une excuse assez extraordinaire pour pouvoir garder au frais indéfiniment son propre espion pour lui éviter l’extradition indienne. Il suffit pour ça d’en faire un extrémiste musulman déchaîné qui aurait bondi sur la première occasion qui se présentait d’aller tuer quelqu’un qui aurait “sali” la religion islamique… on songe automatiquement à l’affaire des caricatures… et ce sera en effet ça qui sera choisi par la CIA comme tentative de masquage des faits. La presse annonce en effet aujourd’hui ceci : “soupçonné par les agents fédéraux américains d’avoir planifié un attentat contre le Jyllands Posten, journal danois à l’origine des incendiaires “caricatures de Mahomet”, avec son complice Tawahur Hussain Rana, un Canadien d’origine pakistanaise installé aux Etats-Unis, David Coleman Headley est depuis devenu un suspect dans l’enquête sur les attentats de Bombay qui ont fait 166 morts en novembre dernier.” Décidément, le voilà partout ! C’était donc lui aussi à Copenhague ? Or les deux personnes arrêtées pour avoir tenté la chose le 12 février 2008, sont deux ressortissants tunisiens et un Danois d’origine marocaine ! Aucun américain dans le coup à cette époque là, comme par hasard ! Le danois étant l’informateur de la police décrit plus haut, et les deux autres les deux seuls condamnés avec lui ! Headley était derrière l’opération de Vollsmose !!! Et derrière Headley, il y a bien la CIA, cela ne fait plus aucun doute !!!

Or dans le cas de notre boxeur, même doute, car quelque chose, visiblement cloche : oh, ce n’est pas le coup des “numéros” de sa jambe artificielle limés selon la police pour ne pas pouvoir identifier le corps après l’explosion… ce qui n’est pas sûr du tout comme raison (on a peut-être conclu ainsi un peu vite). Non, c’est l’info supplémentaire apparue trois jours après. Les journaux télévisés belges avaient montré l’adresse du terroriste amateur à liège, ou avait parait-il été saisi 40 kilos d’explosif. Or, télescopage bizarre, trois jours après on apprenait qu’à la même adresse (c’était bien la même maison, confirmée par plusieurs journaux !) un stock d’armes lié à des truands et au grand banditisme était découvert, bâché et enterré dans le jardin. Une Kalachnikov de la même facture que celle qui équipe la police afghane, une AMD 65 hongroise (*), des chargeurs, des balles et deux bazookas à tir unique avec leur missile. Des copies de Nammo M72 Law norvégien, modèle adopté par les USA et vendu partout dans le monde : ce sont en fait des M80 “Zolja” serbes ou macédoniens (trahi par leur étiquette ?). Des armes des stocks de l’est en tout cas. Bref, au départ la panoplie de l’attaque de fourgon bancaire type. En février 2005, à Wemmel ; lors d’une attaque ce ce type un de ces engins avait été récupéré. Ça, ou un armement purement militaire, pour un coup de force façon… Mumbaï. Or, le 16 mai 2010, RTL-TVI, justement, affirmait que la Belgique, qui venait avant la France d’interdire la burka, venait de recevoir un message menaçant d’un imam extrémiste pakistanais, Hafiz Saeed, qui parlait à ce propos de “conspiration contre l’Islam” : or l’homme n’était autre que leader du Lashkar-e-Toïba, le mouvement responsable des attentats de Mumbaï. Le mouvement suivi depuis longtemps par David Coleman Headley, fortement soupçonné depuis d’appartenir à la CIA, malgré sa condamnation à vie survenue aux Etats-Unis (condamnation qui lui a évité surtout l’extradition en Inde). Hafid Saeez, si proche de l’ISI et du pouvoir pakistanais… comme le dit clairement ici en vidéo Zahid Hussain. Saeez, placé en résidence surveillée après Mumbaï et très vite libéré par le pouvoir…. à sa sortie, un journal indien note fort justement : “un seul Mumbaï ne suffit donc pas” !

Or une information très perturbante va être donnée lors du compte rendu de la découverte. Pire encore, en effet : le procureur belge chargé de l’affaire, au micro évoquait le fait que les malfaiteurs étaient suivis depuis longtemps et étaient sur écoute téléphonique. En révélant une information assez étonnante et assez affolante : sur place ont été découverts 2 kilos de C4, un explosif militaire hyper puissant dont la mesure habituelle, rappelle le procureur, est le gramme. Or là non seulement il y en avait deux kilos, mais les écoutes téléphoniques parlaient selon lui de sept ! Avec sept kilos de C-4 (appelé aussi Semtex), vous volatilisez facilement un très grand immeuble. “Environ 250 grammes d’explosif sont suffisants pour détruire une bonne partie du fuselage d’un avion de grande taille. En 1988, dans l’attentat de Lockerbie qui détruisit un Boeing 747, c’est environ 312 grammes de Semtex qui furent utilisés selon les déclarations des deux Libyens jugés pour cet attentat” nous renseigne le Wiki. C’est très, très inquiétant : avec de telles quantités, on sort de la catégorie simple truand, visiblement… à Liège, dans le jardin des truands, il devait y avoir de quoi faire sauter 22 Boeing 747 !!! Effarant !

Ces armes ne proviennent-elles pas plutôt du fric-frac du 3 juin 2010 dans la caserne de Bourg-Léopold ? “Selon les quotidiens Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen, il s’agirait notamment de roquettes anti-char. D’autres sources parlent de grenades ou encore de munitions pour armes à feu. Selon ces quotidiens, la Défense parle d’un « incident grave en matière de sécurité ». Ces armes pourraient être utilisées pour attaquer des transports de fonds”affirmait la presse du moment. Une thèse qui se rapproche aussi de la filière de Francis Dossogne, journaliste au “Nouvel Europe magazine” (journal d’extrême droite du CEPIC de Paul Vanden Boeynants), une mouvance dont le rôle exact dans la saga des tueurs du Brabant, n’a toujours pas été élucidée. Dossogne avait été condamné le 16 janvier 2001, par la 55e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a à trois mois de prison avec sursis pour s’être fait passé pour un détective privé. L’homme avait créé le Front de la Jeunesse, au sein du Parti des forces nouvelles (PFN), qui se fera le porte-parole en Belgique des thèses niant l’existence des chambres à gaz. Autour de lui gravitait un bon nombre de gendarmes d’extrême droite, dans ce qui a été appelé “le groupe G”, révélé par le gendarme Martial Lekeu.

On sort de l’explosif liquide qui ne marche pas et du nitrate d’ammonium avec le fameux C4 ! On entre dans le militaire, plutôt ! Quels étaient donc les liens entre notre unijambiste et ces truands, fichés au grand banditisme affirme la police ? Difficile à définir. Un scénario se dégage semble-t-il : notre unijambiste, au courant de qui étaient les occupants de l’immeuble a peut-être cherché à les esbrouffer avec son TATP ; et eux-mêmes étaient peut-être au courant de ce qu’ils préparaient. La police elle filant le tout, en espérant remonter toute la filière, qui, logiquement doit déborder vers autre chose que simple grand banditisme : c’est un explosif de nature et de type militaire qui a été saisi, et les liens du groupe danois avec Headley ont de quoi sérieusement effrayer : Mumbaï résonne toujours au loin. Avec le stock annoncé il y en a assez pour faire sauter le parlement européen ! On songe alors à la traditionnelle filière d’extrême droite de l’armée belge, dont des membres s’étaient fait arrêter il n’y a pas si longtemps (en 2006, avec un des dirigeants du BBET, Bloed-Bodem-Eer-Trouw (Sang, sol, honneur et fidélité, en français comme chef du complot),. La police belge les suivait, et l’attentat de Copenhague a précipité l’arrestation de tout le monde, l’adresse de l’auteur devant être perquisitionné, le grand public n’aurait certainement pas apprécié de découvrir que l’on était passé à côté d’un arsenal hyper-dangereux. Les malfaiteurs eux-mêmes pouvant décider à tout instant de relocaliser le stock enterré, il fallait faire vite et c’est ce qui a été fait, privant sans doute la police de pouvoir remonter plus haut l’enquête, à cause d’un illuminé qui aurait tout fait foirer sans s’en rendre compte. Ce qui a été fait, en partie, semble-t-il, puisqu’à ce jour, il manque bien encore 5 kilos de C4… parti dans la nature ! Et ça, c’est diantrement plus affolant que l’épisode du petit chimiste raté au nez cassé !

En résumé, notre boxeur illuminé aurait doublement “planté” : sa propre explosion tout d’abord, faite avec des recettes glanées sur le Net, mais aussi des préparatifs fort inquiétants qu’étaient en train de suivre de près la police belge, ce qu’a confirmé le procureur devant les caméras. Truands mâtinés de terroristes, l’ombre des tueurs du Brabant se profile à l’horizon une nouvelle fois : le pays est dans un tel chaos que cette fois une opération dévastatrice de ce genre pourrait avoir d’autres conséquences en effet, les mêmes que celles visées à l’époque par ceux qui en Europe, voulaient déstabiliser des états pour y instaurer des dictatures ou des pouvoirs avec une omniprésence policière : une conspiration d’extrême droite, organisée ou pilotée de loin avec l’œil bienveillant de la CIA. L’islamisme aurait eu encore une fois bon dos, dans ce cas. A Liège, on est bien sur un autre domaine, et une tout autre catégorie… de malfaiteurs.